Objection Votre Honneur



Publié le mardi 1 juillet 2008


Mardi 1 juillet 2008

MAXIME BERNIER, PLUS IL PARLE, PLUS IL SE CALE

 

L’ex-ministre Maxime Bernier prétend qu’il ne connaissait pas le passé trouble de Julie Couillard et qu’il n’a aucun souvenir d’avoir égarés des documents officiels chez elle. Si les gens de la Beauce on gobé c’à, ce sont les pires valises que le Québec n’aient jamais connus.  Un vrai ministre s’informe et n’attend pas d’être informé comme un ado insouciant. Un vrai ministre a suffisamment de mémoire et d’attention pour garder trace de ses documents. Quant à Maxime Bernier, ses propos lors de son évènement de réhabilitation orchestrée,  démontrent qu’il est encore pire que ce que l’on pensait. Il ne faudrait tout de même pas prendre le monde pour des imbéciles. Plus il parle, plus il se cale!



Mardi 1 juillet 2008

LE NOUVEAU MINNISTRE DE LA SANTÉ ENTEND MAINTENIR LE CAP

  

Yves Bolduc le remplaçant de Philippe Couillard entend maintenir le cap.  Faut-il comprendre que l’on va continuer à avoir au Québec :  des temps d'attente toujours aussi longs aux urgences; des services ambulanciers débordés avec des temps de réponse qui s’allongent;  plus d'un million de personnes sans médecins de famille; des décrets imposés aux travailleurs de la santé; des primes de rendement aux dirigeants d'hôpitaux malgré de piètres performances; des lois adoptées sous bâillon qui rendent le réseau de la santé ingérable; un ministre incapable de concerter et de mobiliser les intervenants de la santé et des services sociaux; des milliers d’enfants laissés aux mains des abuseurs faute services sociaux suffisants; des personnes âgées malades qui ont peu ou pas d'aide à domicile; des aidants naturels ignorés; des coûts du CHUM qui ne cessent de grimper et un projet qui n’en finit plus de démarrer. Maintenir ce cap c’est voguer vers le naufrage du système de santé public. À moins que ce soit ce qui est secrètement recherché par le gouvernement Charest pour justifier la fausse solution qu’est le privé.



Mardi 1 juillet 2008

LES CONSÉQUENCES DE L’INTÉGRATION IMPROVISÉE DES IMMIGRANTS AU QUÉBEC

 

L’ÉCHEC  DU  MULTICULTURALISME  EN  HOLLANDE

Extraits d’un article de Christian Rioux dans Le Devoir du 28 juin 2008

 

Sita Koenders. Malgré son sourire désarmant, cette femme dans la quarantaine est aux avant-postes de la lutte que mènent les Pays-Bas contre le terrorisme islamiste. Après quelques années à travailler dans les communications, elle a choisi de redevenir policière à Slotervaart. Cette banlieue multiethnique de l'ouest d'Amsterdam est tristement connue à travers le monde pour avoir vu grandir le jeune d'origine marocaine qui a poignardé sauvagement le cinéaste Theo van Gogh le 2 novembre 2004 pour un simple film qui dénonçait l'islam.

 

Jour et nuit, Sita et ses collègues arpentent le quartier, où ils connaissent presque tout le monde. Ils font partie du dispositif sécuritaire destiné à prévenir la radicalisation des minorités ethniques et les émeutes. «Pendant des années, nous avons fait l'erreur d'accueillir des immigrants sans les intégrer à notre société, dit-elle. On ne leur apprenait même pas le néerlandais.»  Wendy Asbeek Brusse, conseillère au ministère du Logement, des Communautés et de l'Intégration : «Aujourd'hui, il faut écouter nos concitoyens qui s'inquiètent des ratés de l'intégration. Nous ne pouvons pas nous contenter de les traiter de racistes.» Dans les rues d'Amsterdam et de La Haye, on croise beaucoup plus de femmes voilées qu'à Paris ou à Francfort. Pourtant, ces dernières villes comptent plus de musulmans. Les Néerlandais découvrent sur le tard que leur vertu cardinale, la tolérance, peut aussi rimer avec indifférence.

 

Selon une enquête réalisée en 2006, deux immigrants turcs sur trois disent qu'après le travail, ils ont principalement des contacts avec d'autres Turcs. Un sur trois n'a de contacts qu'avec des Turcs! Depuis quelques années, les rapports se sont empilés décrivant l'évolution d'un régime ressemblant parfois à une forme d'apartheid où les femmes immigrantes sont souvent enfermées à la maison et ne parlent pas un mot de néerlandais. Le gouvernement a lancé de vastes programmes destinés à assurer l'intégration des immigrants. Une quarantaine de quartiers ont été désignés à la rénovation urbaine. Au cœur du dispositif, les Pays-Bas exigent dorénavant de tous les nouveaux venus qu'ils apprennent le néerlandais. Les politiques ont longtemps été incitatives, mais elles sont devenues obligatoires.

 

Yunus Emre est une des 45 écoles islamiques que comptent les Pays-Bas. Les 286 élèves s'y tiraillent comme n'importe où ailleurs lorsque retentit la sonnerie de la récréation. Seule différence: les petites filles y portent un peu plus le foulard islamique que dans le quartier environnant, largement composé d'immigrants turcs et marocains. Chaque jour, la journée commence et se termine par une prière et l'école respecte rigoureusement les fêtes musulmanes et le ramadan.

Tout cela est normal, explique le directeur Abdelsadek Maas, puisque aux Pays-Bas chaque confession est libre d'avoir ses propres écoles. Financée à 95 % par l'État, Yunus Emre est tenue de respecter l'essentiel des programmes définis par le ministère de l'Éducation. «Mais nous pouvons les adapter, précise le directeur, un Néerlandais converti à l'islam. On n'apprendra pas ici la même histoire des croisades que dans les autres écoles. Les écoles religieuses ont le droit d'enseigner leur propre version de la création.»

À chacun sa version des croisades et de l'origine du monde. Au lieu de choisir l'école laïque (fréquentée par seulement 30 % des élèves), les Pays-Bas subventionnent massivement des réseaux catholique, protestant, juif et musulman. Les musulmans ont déjà 45 écoles primaires, deux écoles secondaires, deux universités islamiques et même deux chaînes de télévision subventionnées par l'État. Sans oublier les organisations sociales et bientôt des hôpitaux. Nourriture halal, salles de prière, imams en permanence et médecins au choix selon le sexe du patient, voilà à quoi ressemblera l'hôpital islamique qui devrait ouvrir ses portes l'an prochain à Rotterdam.

 

Dès l'an 2000, le sociologue Paul Scheffer avait fustigé un système de «vaste tolérance et de faible intégration, accroissant les inégalités et l'aliénation et menaçant la paix sociale». Aujourd'hui, le sociologue est devenu une référence. Héritiers d'un système où les confessions ne se mélangeaient pas, les Pays-Bas cherchent aujourd'hui désespérément à tisser des liens avec leur population immigrante. Dans les milieux musulmans, on pense même à créer des partis politiques islamiques.


Plusieurs députés n'hésitent pas à remettre radicalement en question le modèle multiculturel néerlandais, un modèle qui a fait beaucoup de «dégâts», affirmait l'an dernier au Figaro le travailliste René Cuperus. «Au lieu de contribuer à faire accepter l'immigration, le concept de société multiculturelle alimente dangereusement le ressentiment et la xénophobie des autochtones, allant jusqu'à suggérer que ces derniers ne sont ni plus ni moins qu'une minorité parmi les minorités.»

 

Il n'est pas certain que les Néerlandais aient trouvé la façon d'intégrer le million et demi d'immigrants qui ont défrayé la manchette ces dernières années. Mais ils s'entendent au moins sur une chose: le temps n'est plus à cultiver les différences mais au rassemblement. D'aucuns parleraient même d'identité nationale...